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Aubin Chevallay, né en 1969, vit et travaille à Evian-les-Bains, Ecoles d'Art Supérieures d'Annecy, Grenoble et Marseille. Prix J.M Mourlot, Marseille. 

 

       

aubinchevallay@hotmail.fr - +33 (0)6 51 25 32 97


LapetiteSalledu fond - arts contemporains / inst/lapetitesalledufond
Expositions en cours/à venir/collections:
Benghazi, Libye / Collection J.B. Gurly, Vaison-la-Romaine / Collection J.L Albertini, Galerie Sintitulo, Mougins.

leetchi.com/c/recueil-expositions-islande


PUBLICATIONS:

"A corps perdu", Courte-line, texte de Marc Giloux, 2020.
"Voyage dans ma Collection - Antoine de Galbert", d'Alyssa Verbizh, 2015.
Catalogue "Plage" Galerie Art Espace/Pome Turbil, Thonon, 2010.
Article Beaux Arts Magazine, Octobre 2009.
Catalogue Fond de collection de la Ville de Marseille, 1998.
Catalogue "Midi Pile", 41ème salon d’art contemporain, Montrouge, 1996.
Catalogue Ateliers d’Artistes de la Ville de Marseille, 1996 (entretien entre J.J.Ceccarelli et G.Traquandi).
Recueil Galerie Antoine de Galbert, Grenoble, 1996.
Catalogue Galerie de l’Ecole, Marseille, 1996.


EXPOSITIONS COLLECTIVES:

 
2020
"Dominae/Plage, La Salle, Evian-les-Bains.
"Evian Créations", espace Brunnarius, Evian-les-Bains.
2018

"cabane", Supervues 2018, Vaison-la Romaine.
"L'un, l'autre" portraits, "fille au débardeur orange", Thonon-les-Bains.

2017
Galerie Angle, St-Paul-Trois-Châteaux

2014
"The Black Cat Gallery", Scotland.

IV Biennale, "l'Olivier, symbolique et tradition", Sospel.
"Le Mur", la collection Antoine de Galbert, la Maison rouge, Paris.  www.lamaisonrouge.org
"Exposition collective", Avignon.
2012
"Supervues", Vaison la Romaine. 

"La passion des Gurly", Galerie du Tableau, Marseille.
"Françoise Rolando – Philippe Pianetti – Aubin Chevallay", Neuvecelle.
2011
"Supervues", Vaison la Romaine.

2008
"Expo d’Automne", Galerie Sintitulo, Mougins.

"Pour l’amour de la peinture", Musée d’art contemporain, Châteauneuf le Rouge.
2007
"Supervues", Vaison la Romaine. 

2006
UPE13, Marseille. 

2004
"De la lumière pour Clément", Sète.

2001
"Aubin Chevallay présente", Palais Lumière, Evian.

1999
Galerie Art Espace, Thonon.

"la Légende de la Vie", le Faubourg, centre d’art contemporain, Strasbourg.
Galerie Mourlot, Jeu de Paume, Marseille.
1998
"Suitcases", galerie Uusikuva, Kotka, Finlande (catalogue).

Fond de collection de la Ville de Marseille (catalogue).
1997
Studio de la Pensée Matérielle, Paris.

1996
"Midi Pile", 41ème salon d’art contemporain, Montrouge (catalogue).

1er prix J.M. Mourlot, Fort St Jean, Marseille.
Ateliers d’Artistes de la Ville de Marseille (catalogue).
Galerie Antoine de Galbert, Grenoble (recueil).
Galerie de l’Ecole, Marseille (catalogue).  
Inauguration de la nouvelle Ecole d’Arts, Annecy.
1994
le Château d’Eau, Bourges.



EXPOSITIONS PERSONNELLES: 
 
2021
2020
"Elena aux baskets jaunes", cimetière de Cerdon (Ain), 8/10/2020.
"Fillette se lavant le visage", Journées du Patrimoine, Théatre Antoine Riboud, Evian, 19-20/09/2020.
"Les jambes de Valeriya", Tennis Club, Evian, 2/09/2020.
"V1", abbatiale Notre-Dame, Guîtres (Gironde), 9/08/2020.
"Les jambes d'Anna", cimetière de église Saint-Pierre, Aubie-et-Espessas (Gironde), 9/08/2020.

"Maillot bleu", église Saint-Pierre, Aubie-et-Espessas (Gironde), 9/08/2020.
"Les jambes de Polina", le Truch (Gironde), 5/08/2020.
"Maillot noir", Aiguèze (Gard) 21/06/2020.
"Le genou de Camille M", cathédrale de Dunkeld (Ecosse), 3/03/2020.
"Tronc à St-Loubès", cathédrale de St-Andrews (Ecosse), South Choir Chapel, 2/03/2020.
"Maillot bleu", Seal Beach, Newburgh, Ecosse, 1/03/2020.
"Villo dans l'eau", plage de Sordo, Tajao, Ténérife, 1/01/2020.
"Maillot rouge", la Jaca, Ténérife, 1/01/2020.

2019
"An1", village de Vento, Arona, Ténérife, 30/12/2019.
"Fille endormie", Roque del Conde, Ténérife, 30/12/2019.
"V", le Vaéré, Plougnovelin (Finistère), 17/12/2019.
"Les jambes de Réjane", bunker du Mémorial de la Bataille de l'Atlantique, Pen-Hir, Camaret, 29/10/2019.
"Grotte", presqu'île de Kermovan (Finistère), 27/10/2019.
"Jeune fille à la queue de cheval", citadelle de Blaye, Blaye (Gironde)

"Fumée aux Monts d'Arrée, Abbaye de la Sauve Majeure, la Sauve (Gironde), 6/08/2019.
"Fragments de paysages", Abbaye Notre-Dame, Abondance, 23 juin.
"Vita", Tanay (Suisse), 21/07/2019.
Gymnase de l'Avenir Evianais, Evian-les-Bains (merci à Sylvie Terrier).
"Coralina", Vestrahorn, Islande, 18/06/2019 (merci à Mathilde Chevallay et Morgane Millot).
    
"Elena", Budakirkja, Eglise Noire de Budir, Islande, 15/06/2019
(merci à Mathilde Chevallay et Morgane Millot).
Chapelle St-Agnès, St Paulet de Caisson (Gard), 1/06/2019.         
"Pen-Hir", Sospel, 22/05/2019 (merci à Sabine Pianetti).  
"Les jambes d'Alma", chemin des Bacounis, Meillerie, 26/04/2019.

"Nature", salle d'expositions de la Librairie du Muratore, Evian-les-Bains.
"Fragment Al3", anciens bureaux et laboratoires des Eaux d'Evian, Evian, 17/03/2019.
"Jambes au jean déchiré", St-Loubès, Bordeaux, 24/02/2019.
"Epaule au maillot vert", Eglise St-Pierre d'Aulnay (Charente-Maritime), 22/02/2019.
"Ventre au maillot bleu", Église Notre-Dame, Séligné (Deux-Sèvres), 21/02/2019.
"Les jambes de Réjane", St-Paul en Chablais (Haute-Savoie), 17/02/2019.

2018
"1000", salle d'expositions de la Librairie du Muratore, Evian-les-Bains.
"Lucie S", chapelle St-Michel de Brasparts, Monts d'Arrée, 2/11/2018.

"Epaule au ciel bleu, le genou de Camille M'', Fort du Dellec, Plouzané, 1/11/2018.
"Les jambes rouges de Millie", Locmaria-Plouzané, 29/10/2018.
"Goda'', île de Melon, Porspoder, 28/10/2018.
"Fumée bleue'', barrage du Jotty (Haute-Savoie), 21/10/2018.
"Jeune fille en blanc et bleu, Lucy, l'épaule de Marine, l'épaule d'Adela, jeune fille à la queue de cheval, épaule noire et blanche", cloître de l'abbaye Notre-Dame, Abondance (Haute-Savoie), 2/10/2018.
"Samantha/Luiza", Gymnase de l'Avenir Evianais, Evian-les-Bains, 13/09/2017.
"Villo", Centre Nautique, Evian-les-Bains, 9/09/2018.

"Regula", phare du Minou, Plouzané (Finistère), 25/08/2018.

"Amani", forêt de la Pastourelle , Larringes (Haute-Savoie), 12/08/2018.
"Les épaules de Paulina", Cubzac-les-Ponts (Gironde), 3/08/2018.
"Katiane", église du Temple (Gironde), 2/08/2018.
"Fille au débardeur orange", atelier 11 rue Vallon, Thonon-les-Bains, 2-25 août 2018.
"Les jambes de Valeriya", Neuchâtel, 21/07/2018.
"Oiseaux et petits formats, salle d'exposition du la librairie du Muratore, Evian-les-Bains.         
"Leidy", Aiguèze (Gard), 1/07/2018
"Oh malheur", cimetière d'Aiguèze (Gard), 1/07/2018.
"Horizon (Brest)", abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre, Plougonvelin, 20/05/2015.
"Epaules + guests", salle d'exposition du la librairie du Muratore, Evian-les-Bains, mai 2018.
"Drapeau", Hôtel de Ville, Evian-les-Bains, 8/05/2018.
2017
"Selfies", Hôtel Burrhus, Vaison la Romaine.

"Corse", librairie du Muratore, Evian -les-Bains.
Pêcherie de Tourronde, Lugrin.
Cap Tifs Diffusion, Evian-les-Bains.
2016
"Petits formats", salle d'expositions de la librairie du Muratore, Evian les Bains.

2015
"Peintures récentes", salle d'expositions de la librairie du Muratore, Evian les Bains.

2014
"Bouyguettes", ouverture des ateliers de la Dihal, Avignon.

"Bouyguettes", casa/has, Ancien Tri Postal, Avignon.
"Modèles", Speakeasy Club, Monaco.
"Peintures 2013-2014", Sainte-Agnès
2013
"Modèles", Burrhus, Vaison la Romaine

2011
"Peintures 2010-2011", 23-24 juillet, Neuvecelle

"Peintures", 28 mai, Evian les Bains.        
2010
"Baigneuses", Galerie Art Espace / Pome Turbil, Thonon (catalogue).

2009
Galerie Sintitulo, Mougins  Beaux Arts Magazine, Octobre 2009.

"Tavera"  Tavera, Corse.         
"Peintures 2008-2009", Neuvecelle.
2008
atelier céramique contemporaine Laurence Rochat, Evian.

2005
"Dernières peintures avant la mer", Galerie Sintitulo, Mougins.

2004
"177 huilettes", Burrhus, Vaison la Romaine.

2002
"Huilettes", visite d’atelier, Neuvecelle.

1999
Musée du Prélude, Evian.

1998
Galerie Sintitulo, Nice.

"Peintures du Monde Visible" et "Dessins", Burrhus, Vaison la Romaine.
1993
"Peintures de l’été 93", Ateliers de la Ville de Grenoble.





Après des études aux Beaux-Arts d’Annecy et Grenoble, j’ai obtenu mon DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) en 1993.
J’ai poursuivi par un post-diplôme aux Beaux-Arts de Marseille avec Tony Grand du mouvement Support Surface et Jean-Marc Bustamante.
Cette année de recherches personnelles et de rencontres (notamment avec Gérard Traquandi) m’a conduit à exposer aux Ateliers d’Artistes de la Ville et à la Tour du Roy René à Marseille (où j’ai obtenu le prix de peinture J.M Mourlot), à la Galerie Antoine de Galbert à Grenoble (fondateur de la Maison rouge à Paris) ainsi qu’au Salon d’Art Contemporain de Montrouge.
Quelques unes de mes toiles sont collectionnées par le Fond de Collection de la Ville de Marseille, par Michel Enrici (ancien directeur de la Fondation Maeght à Vence), l’architecte Rudy Ricciotti, Laurence et Jean-Baptiste Gurly ainsi que par Antoine de Galbert.
Par la suite, en plus d’expositions que j’ai moi-même organisées dans des lieux non consacrés à l’art, j’ai été représenté par la Galerie Sintitulo à Nice et Mougins et j’ai exposé en Finlande à la galerie Uusikuva pour l’exposition "Suitcases", au Faubourg centre d’art contemporain à Strasbourg et à plusieurs reprises, à «Supervues» à Vaison-la-Romaine.
Réinstallé à Neuvecelle en 1999 où je continue à travailler actuellement, j’ai été représenté par la Galerie Art-Espace à Thonon. J’ai organisé une exposition collective au Palais Lumière à Evian en 2001 à laquelle j’ai participé et mon travail a été exposé entre autres par la Galerie du Tableau à Marseille, la Galerie Angle à St Paul Trois-Châteaux, le Musée d’art contemporain de Châteauneuf le Rouge, la Black Cat Gallery en Ecosse, par la Maison Rouge à Paris pour l’exposition «Le Mur, la collection Antoine de Galbert» et plus récemment, dans le cloître de l’Abbaye d’Abondance et le Musée d’Art Sacré pour lesquels je prépare une nouvelle exposition intitulée "Communions" en septembre 2021.
Depuis quelques années, j’expose mes toiles, parfois avec la participation de mes modèles, dans des lieux très divers comme des chapelles, églises, ruines, centres sportifs, endroits chargés d’histoire, en jouant avec le sujet de la peinture pour des expositions éphémères (en France, Suisse mais aussi en Islande, à Ténérife, en Ecosse, en Argentine, Espagne, Etats-Unis ou encore en Tunisie). Mon attrait pour les lieux religieux et romans en particulier vient du fait qu’en plus de leur esthétique, de la sérénité et du calme qui s’en dégage, je considère ces espaces comme des endroits propices au fait de pouvoir provoquer (mais sans provocation gratuite) un autre regard et de l’imaginaire au-delà de la fonction même du lieu. J’ai une relation au sacré qui n’est pas du tout religieuse mais simplement spirituelle.
Enfin, je m’occupe depuis 2015 d’organiser des expositions personnelles ou collectives dans «La Salle», lieu mis à ma disposition par la Librairie du Muratore à Evian.
Mon travail de peinture a débuté avec des grands tableaux abstraits quasi monochromes dans lesquels je cherchais par la touche ou des nuances très proches, un mouvement ou une saturation de la forme et de la matière. Progressivement, la figuration a pris sa place en peignant sur le motif mon environnement direct, la garrigue ardéchoise, des vues de ma fenêtre ou des éléments banals de mon jardin.
J'ai commencé à travailler à partir de photographies avec l'arrivée du numérique qui m’a permis un plus grand choix de sujets et une plus grande liberté. J’ai réalisé un ensemble d’une quarantaine de toiles consacré à la Corse qui a été exposé à Tavera puis à la Galerie Sintitulo en 2009 (article Beaux-Arts Magazine).
A partir de 2010, je suis venu aux personnages en m’intéressant particulièrement aux postures et aux mouvements à partir de mes propres images prises sur le vif et recadrées par la suite. Ma série «Plage», peintures de baigneuses anonymes vues principalement de dos a été exposée à la Galerie Art-Espace en 2010.
En 2013, par besoin d’expérimenter une nouvelle démarche et d’ouvrir ma peinture à d’autres domaines, je me suis consacré à une série intitulée «Modèles» (exposée à Vaison-la-Romaine)  réalisée à partir de photographies de modèles amateurs ou professionnels contactés sur des sites internet spécialisés.
Ce projet m’a conduit par la suite à m’intéresser aux photos amateurs des réseaux sociaux pour un ensemble de «Selfies» et pour des peintures d’autres détails du corps. Par delà la peinture elle-même, mon but était de dégager une image parmi les milliers publiées chaque jour, d’obtenir la permission de l’utiliser et d’en faire une peinture dont la reproduction était republiée par la suite sur ces même réseaux. J’en suis venu à peindre des personnes du monde entier et de tous horizons, une manière pour moi de faire exister la peinture virtuellement dans des milieux très variés et de créer des réseaux ailleurs que dans les mondes spécifiques à l’art.
Mon travail actuel est consacré à des détails de paysages provenant de photographies de voyages ou de photographies de presse, dont j’ai tiré, par exemple, un ensemble de toiles intitulé «Guerre» dépeignant les bombardements en Syrie, que je projette de montrer à l’ONU à Genève. Dernièrement, je me consacre plus régulièrement à des détails du corps féminin de modèles anonymes ou non et à des figures et postures de gymnastes ou de danseuses et à des petits dessins presque quotidiens, réalisés directement sur le motif dans la nature ou d’après photos, des croquis rapides que je considère comme des notes, ou d’autres, plus poussés.
Mon dernier ensemble intitulé «Influences» a été dédié à des jeunes influenceuses ou mannequins, jeunes stars d’Instagram.
Je m'attache à des tous petits détails, des petits jeux entre les formes, des textures révélées par la lumière, à l'éclat d'une couleur, aux contrastes, aux choses cachées ou suggérées, à la pudeur et à la fragilité. Aussi à la permanence et la force de la nature avec des sujets qui reviennent régulièrement comme les troncs d’arbres, les rochers, les montagnes et les étendues d’eau.
Un long travail en amont de sélection et de recadrage des photos, comme un voyage sans fin parmi toutes ces images, me permet d'obtenir un détail, une coupe, une esquisse, et de m’arrêter sur ce qui sera le support à une peinture.
Avec le temps comme principal matériau, la peinture est pour moi un temps d'arrêt pour le regard, la construction et la trace d’un passage et de ce qui fait que les choses restent, une accumulation d’intentions, une simple énergie et proposition, un émerveillement et un épuisement, une promenade matérielle et colorée, sensuelle et spirituelle.
A l’inverse de l’illustration, de la narration et loin des effets gratuits, j’essaye de jouer avec le sujet, de manière brute, en cherchant la surprise, en faisant en sorte que les choses soient simplement là, sans séduction ni complaisance.
Mes tableaux sont les cartes postales de ma vie.
A.C. 30 juillet 2020 – 11 août 2021.



"Visite guidée:
Les rochers volcaniques de Ténérife, les entendues d’eau et les collines enneigées de l’Ecosse, paysages désertiques froids ou brûlés, avec un strict minimum pour pouvoir prendre forme, les troncs d’arbres, force verticale et masculine, qui se tiennent toujours debout, ou les montagnes, portraits et sentinelles, nous invitant à les parcourir par le regard ou à pied, presque un même voyage, et à essayer d’aller toujours plus haut. L’alignement de quelques influenceuses, jeunes stars d’instagram, très jeunes et jolies modèles, mannequins, chanteuses, actrices, nouvelles idoles et références de l’ère de la technologie, posant à nouveau, mais au sol et ventres aux murs cette fois ci. De trois religions représentées par les regards fermés ou entrouverts, de mes modèles, catholique, musulmane et juive, sous lesquels on passe ou qui nous demandent de lever la tête. Championnes et championnes du monde, comme les mouettes du lac et milans noirs découpant l’espace pour réinventer à chaque toile, un nouveau fond. Du lavement des pieds et du baptême, de la marche sur l’eau. Corps par morceaux, pour tenter de saisir par étapes leur beauté, de la danseuse qui s’envole et des christs devenus jeunes filles de dos les bras ouverts qui embrassent le monde, de la tentation du moine, du bleu du manteau de la vierge, qui dort encore, des bleus du firmament et celui des drapés de Fra Angelico, des trois têtes de jeunes syriennes qui se cachent à nous, tirées de photographies de guerre pour l’adoration des mages et de ces visages féminins qui se dérobent du massacre des innocents, les fumées comme images de la destruction et du retour vers la poussière, qui s’amusent et prennent leurs temps avant de disparaître, entre les bombardements, des centrales nucléaires ou des feux. Références religieuses plus ou moins directes, à l’enfance abîmée, entre la grâce et la tension, l’expression d’un dos zébré d’un morceau de tissu coloré ou d’une posture, un mystère et trois petits tours et puis s’en vont".
14/09/2021Exposition "Communions" Abbaye d'Abondance, 1-30 septembre.



À corps perdu
http://www.courte-line.net/a-corps-perdu/

« J’appelle anamnèse l’action – mélange de jouissance et d’effort – que mène le sujet pour retrouver, sans l’agrandir ni le faire vibrer, une ténuité du souvenir : c’est le haïku lui-même. » (1)
Les dessins de l’artiste Aubin Chevallay (2), les peintures aussi mais dans une moindre mesure, quoique, seraient à classer selon moi dans la rubrique « haïku » tant leur dénuement et leur simplicité apparentes les font ressembler, dans leurs chimères et leurs figurations hâtives non compromettantes, à des devinettes. Est-ce toi chère Elise ?  La question de Roland Barthes à propos de la définition du sujet. L’identifier ? à quoi bon, sinon se satisfaire de conventions langagières… mais est-elle elle ? je m’assure de l’identité incertaine de cette personne, sait-on jamais ? la reconnaitrais-je ? ou me reconnaitra-t-elle ? Les dessins de l’artiste Aubin Chevallay, les peintures aussi mais dans une moindre mesure, quoique, seraient à classer selon moi dans la rubrique « identification » tant leur dénuement et leurs simplicité apparentes les font ressembler, dans leurs chimères et leurs figurations hâtives non compromettantes, à des devinettes : qui se cache derrière telle paire de jambe, tel morceau d’épaule, tel torse ? ici point de visages, que des fragments, des bouts de corps, des impromptus sans figures placés/tracés, là, au milieu de feuilles de papier blanc, un peu comme des croquis anatomiques, des esquisses.
Juste placés là pour la ténuité du souvenir comme le disait Barthes ? non, j’en doute fort !
Idem pour les peintures, aussi des fragments, des gros plans plus ou moins identifiables, des impromptus sans figures peints à la va vite mais avec « tempérament » sur des petites toiles découpées, hors châssis. Ici le geste qui peint est pressé, précis, on pourrait presque dire lyrique, impressionniste voire… la présence de l’absence du sujet représenté, ou l’inverse, l’absence du sujet dans la présence de la peinture.
Mais alors à qui appartiennent tous ces bouts de corps ? « Nous sommes hanté.e.s par des fantômes (…) Nos vies comme nos mémoires sont souvent modelés par des traumas (…) Notre histoire culturelle est amoncelée en petits tas et petits trous de temporalités. Nos désirs et nos modèles de références sont transhistoriques, pétris de récits incomplets et parfois fictifs (souvent effet de la transmission orale des histoires) » comme le souligne l’artiste-curatrice Virginie Jourdain. (3) « Nous voyons la vie par tronçons. Un tronçon s’arrête, un autre commence, mais on passe d’une période à l’autre, on découpe pour y voir plus clair, la vie serait trop grosse sinon. » (Fabrice Denys) (4)
Pour confectionner ses dessins, Aubin Chevallay utilise comme qui dirait un bottin mondain de modèles en tous genres, pris entres autres sur le Net, et tous ces bouts de corps fantomatiques appartiennent à ces modèles. Cette impossibilité finalement de reconstituer dans leur entier les corps (é) puisées sur le Net ? Corps furtifs, insaisissables, qui n’existent qu’un quart de seconde, quasi impossible à mémoriser, des corps tout juste bons à être réinventer, par fragments, notre culture du fragment, par trop de cadres, trop de bords, trop de barrières, trop d’enfermements, notre culture du raccourcis, du part-time, du non-lieu, du non-être. L’artiste sait tout ça fort bien, et avec un rien de nostalgie et de clairvoyance il avoue : « si j’avais eu un peu plus les moyens, j’aurais invité toutes mes modèles pour mon exposition, ça aurait été chouette de les voir toutes devant leurs toiles ou leurs dessins, pour la prochaine, surement ! Alors, en attendant, je remercie Nada Chaouachi, Lara Acosta, Millie Turley, Varvara Scivaleva, Chulita Lenia Lianet, Полина Панова, Yuliya Schirru, Elena Schirru, Julie Navarro, Alexandra Borysova, Alma Toledo, Françoise Minart, Magally Potter, Mathilde Chevallay, Bianca Tajuelo, Talitha Theron, Anna Stoyanova, Valeriia Yas, Valeriya Shkvarchuk, Dorra Ben Maati, Coralina Marroquín Soto, Anaëlle Manche, Elodie Bo, Leidy Johana Zapata, Yves Mulas et René Favre pour leurs photos. » Tout ces noms !  qui correspondent souvent aux titres des dessins et des peintures. Ces noms légèrement border-line empreins d’un tantinet d’exotisme ne sont-ils pas plus important finalement que les dessins/peintures auxquels ils se réfèrent ? d’une certaine façon ces noms passent avant, ils sont en eux-mêmes les dessins/peintures ! « Un nom est d’abord une image, il s’offre et soufre dans une image (…) un nom c’est une image qui fait retour, qui se ramène au présent, qui redevient présent, après un voyage d’entre les morts ! un nom c’est un simulacre qui se fait chair, c’est un spectre, un fantôme, un artefact, une image de façade qui se déploie dans une destinée, dans un intermédiaire spatio-temporel, repérable, jamais définitif » (5) comme des modèles invisibles qui chercheraient à exister, qui chercherait à s’incarner dans les replis fugaces d’un trait, d’une virgule, d’une appogiature-griffure colorée du geste répétitif de l’artiste, l’artiste Aubin Chevallay qui inlassablement se remet tous les jours à son ouvrage pour tenter de fixer les caprices envoutants de ses modèles qui disparaissent pas plus tôt le dos tourné.
 
(1) roland BARTHES par roland barthes, ed seuil, 1975
(2) exposition Galerie « La Salle » à la Librairie du Muratore, Evian les Bains, jusqu’au 4 janvier 2020
(3) https://www.virginiejourdain.com (aller sur Texte)
(4) Théatre des expositions #7, Académie de France à Rome, Villa Medici, 2016
(5) Marc Giloux, Anon, le sujet improbable, notations, etc. ed L’Harmattan, 2015
j.f. Yorobietchik - Marc Giloux
janvier 2020

Body and soul

I call anamnesis the action - a blend of enjoyment and effort - carried out by the subject to rediscover -without enlarging or invigorating it- a tenuity of memory : that is haïku itself.
Artist Aubin Chevallay's drawings (2), and to a lesser extend his paintings too, if so, should be classified, I think, as "haïku", because their outward bareness and simplicity, their irreality and hasty, non compromising representation, make them look like riddles so much. Is that you, Elise dear? Roland Barthes about defining the subject.
Identifying it? What is the point but to comply with language conventions… ? Yet, is she her? I make sure of the uncertain identity of that person, you never know. Will I recognize her? Or will she recognize me?
Artist Aubin Chevallay's drawings, and to a lesser extend his paintings too, if so, should be classified, I think, as "identification" because their outward bareness and simplicity, their irreality and hasty, non compromising representation, make them look like riddles so much : who is hiding behind the pair of legs, the piece of shoulder, the chest? Here, no faces, only fragments, pieces of bodies, faceless impromptus placed/drawn there, in the middle of white sheets of paper, rather like anatomy sketches, drafts.
Just placed there for the tenuity of memory as Barthes would put it. I doubt very much they are!
The same goes for the paintings, fragments too, more or less identifiable close-ups, faceless impromptus, painted with both haste and "temper" on small stamped canvas, out of frame.
Here, the stroke is hasty, accurate, you could say lyrical, impressionist even...the present absence of the represented subject, or the other way round, the absence of the subject in the presence of the painting.
But then, who do all these pieces of bodies belong to? We are haunted by ghosts(...) Our lives as well as our memories are often shaped by traumas (...) Our cultural story builds up in small heaps and small temporality holes. Our desires and reference models are transhistorical, filled with incomplete and sometimes fictional narratives, "which often results from the oral transmission of stories" as artist and curator Virginie Jourdain pointed out. (3) "We see life section after section. A section comes to an end, another one begins, but we move on from one period to another, we cut it up in order to have a clearer picture, otherwise life would be too big." (Fabrice Denys) (4)
To create his drawings Aubin Chevally uses what I might call a Who's who of models of all kinds, taken in part on the Net, and all these pieces of ghostly bodies belong to those models. After all, isn't reconstructing the whole bodies drained from the Net impossible? Furtive, elusive bodies which exist for no more than a split second and can barely be memorized, only good enough to be reinvented, fragment after fragment, our fragment culture, from too many frames, too many edges, too many barriers, too much isolation, our culture of shortcuts, 'part time', placelessness and non-being. The artists knows that very well, and slighlty nostalgic and clear-sighted he admits : "I couldn't I afford it or I would have invited all my models to the exhibition, it would have been nice to see them all in front of their painting or drawing, next time I will! So meanwhile, I want to thank Nada Chaouachi, Lara Acosta, Millie Turley, Varvara Scivaleva, Chulita Lenia Lianet, Полина Панова, Yuliya Schirru, Elena Schirru, Julie Navarro, Alexandra Borysova, Alma Toledo, Françoise Minart, Magally Potter, Mathilde Chevallay, Bianca Tajuelo, Talitha Theron, Anna Stoyanova, Valeriia Yas, Valeriya Shkvarchuk, Dorra Ben Maati, Coralina Marroquin Soto, Anaëlle Manche, Elodie Bo, Leidy Johana Zapata, Yves Mulas et René Favre for their photos." So many names! Most of them are the titles of the drawings and paintings. But in the end, aren't these slightly borderline and often a tad exotic names more important than the drawings/paintings to which they refer? In some ways the names come first, they are the drawings/paintings on their own! "A name comes as an image first, it opens up and suffers in an image (...) A name is an image, giving back, coming back to the present and becoming present again after a journey to the land of the dead! a name is a mockery becoming flesh, it is a spectre, a ghost, an artefact, a facade image which unfolds into a future, an in-between time-space , visible and never final" (5) just like invisible models seeking to exist, seeking to incarnate into a fleeting line, a coma, a scratch-appoggiatura colored with the repetitive gesture of the artist, artist Aubin Chevallay who gets back to his work everyday, over and over, to try and fix the bewitching whims of his models who vanish as soon as he has his back turned.
 
(1) Roland BARTHES par Roland barthes, ed seuil, 1975
(2) Exhibition, Gallery « La Salle » at Le Muratore bookshop, Evian les Bains, until 4 January 2020
(3) https://www.virginiejourdain.com (click Texte)
(4) Théatre des expositions #7, French Academy in Rome, Villa Medici, 2016
(5) Marc Giloux, Anon, le sujet improbable, notations, etc. ed L’Harmattan, 2015
j.f. Yorobietchik - Marc Giloux
janvier 2020

(Translation Agnès Durand - contact: 0677867309)



Un peu de soleil en ce froid revenu.
Le vert lumière s'émerveille d'envelopper ces jeunes dos nus.
Cheveux mouillés, et maintenus. Noeuds rouges oubliés mais résistants aux vagues, à l'écume.
Peaux au repos, sur le sable, la serviette ou près des rochers.  Peaux burinées, fragiles boucliers, prêts à affronter encore les rayons enflammés.
Ventre endormi, jambes fatiguées, de s'être débattues contre l'eau caressée.
Ces guerrières de l'été, pacifiques sauvageonnes, nous offrent leurs soupirs ingénus avant de s'endormir jusqu'aux prochains rayons.
Et leurs mères les appellent. A bouche que veux-tu. Leur ventre les a fait belles, elles en sont sorties fortes et têtues. Maîtresses et souveraines, leurs voix s'élèvent au delà des nues. Pour rappeler à ces enfants rebelles qu'un jour aussi elles chanteront leurs entrailles.  Elles ouvriront grands leurs yeux, leurs oreilles offriront leurs pensées comme on chante une berceuse, une sérénade. Et leurs mères les appellent. Ecoutez-les! Ecoutez leur chant résonnant de leur ventre. Ecoutez la terre qui enfante et pétrit, les corps des  maîtresses de la planète encore en vie. Elles les appellent à grandir,  polie par l'eau des vagues, terre et sable, soleil et lame. Soleil et larmes. Soleil et femmes. Aimées des dieux.
Céline Vergori 14/10/2020 (à propos de l'exposition "Dominae/Plage" Laurence Rochat, Aubin Chevallay).




Mes peintures sont des notes, une mise en œuvre intimiste de quelques sujets qui reviennent sans cesse. Ils sont extraits de mes propres photos ou d'images sélectionnées et demandées sur internet: le corps féminin que je préfère le plus souvent détailler pour mieux pouvoir l’approcher, des dos, des épaules, des jambes, la relation du corps à l’eau, au mouvement, l'enfance, des fragments de paysage, des bateaux, des arbres, des rochers.
A l’inverse de l’illustration, de la narration et de la mise en avant gratuite d’un savoir faire et d'une technique, j’essaye de jouer avec le sujet, de manière brute, en cherchant la surprise, en faisant en sorte que les choses soient simplement là, sans séduction ni complaisance. Le tableau est la trace d’un passage, une accumulation d’intentions, une simple énergie et proposition, une promenade plus ou moins rapide du regard, détaché de l’image, matérialisé dans la peinture et sa facture que j’aimerais garder la plus variée et vivante possible.
Les plus petits formats sont réalisés depuis peu sur une grande toile tendue et préparée puis découpés et présentés au mur sans châssis.
A.C, juin 2016.

My paintings are notes, an intimate implementation of some recurring subjects. They derive from my own photographs or pictures I have selected and asked for via the Internet : the female body that I mostly prefer to crop in order to come closer to it, backs, shoulders, legs, the relationship between body and water or movement, childhood, fragments of landscapes, boats, trees, rocks.
As opposed to illustration, narration or gratuitious focus on a special skill, I try to play with the subject in a direct manner, looking for surprise, simply making things be there, with no attempt at seduction or deference. The painting is a mark of my being there, a buildup of intentions, a simple energy and a suggestion, a rambling of the eye -fast or slow- detached from the picture, becoming tangible through paint and crafting that I would like to keep as varied and full of life as possible.
Recently, the smaller sizes have been made on a large, spread out and prepared piece of canvas and then cut and displayed on a wall without chassis.

Translation Agnès Durand.





Après des peintures de "morceaux de paysage" tirés de mon environnement proche réalisées directement sur le motif, j'ai commencé à travailler à partir de photographies avec l'arrivée du numérique.
Je suis lentement venu aux personnages en m’intéressant particulièrement aux postures et aux mouvements à partir de mes propres images prises sur le vif, de photographies amateurs ou pros demandées sur internet.
Je m'attache à des tous petits détails, des petits jeux entre les formes, la relation d'un tissu avec la peau, l'expression offerte par la courbure d'un dos, la position d'une main, les textures révélées par la lumière, l'éclat d'une couleur, les contrastes, la féminité, l'apparente insouciance de la jeunesse, les choses cachées ou suggérées, la pudeur, la fragilité.
Un long travail en amont de sélection et de recadrage des photos, comme un voyage sans fin parmi toutes ces images, me permet d'obtenir un détail, une coupe, une esquisse, et de m’arrêter sur ce qui sera le support à une peinture.
En m’efforçant de "soustraire" les choses plutôt que de les accumuler, avec le temps comme principal matériau, la peinture est pour moi un temps d'arrêt pour le regard, la construction et la trace de ce qui fait que les choses restent, un émerveillement et un épuisement, une promenade matérielle et colorée, sensuelle et spirituelle que je voudrais la plus légère possible. Les tableaux sont les cartes postales de ma vie.
A.C. juillet 2015.


After painting « pieces of landscapes » drawn from my daily environment that I  directly made from nature,  I started working from pictures with the advent of digital photography.
I gradually came to painting people as I became particularly interested in postures and movements in my own unposed pictures, amateur pictures or  pictures by pros asked via the Internet.
I take particular care in tiny details, interplays in shapes,  interaction between a piece of clothing and the skin it covers, the expression of the curve of a back, the position of a hand, textures revealed by light, the radiance of a single colour, contrasts, feminity,  the apparent carelessness of youth, hidden or merely suggested things, modesty and delicateness.
A long up-front work to select and reframe the photos like an endless journey through all these images enables me to pick up a detail, a possible cut, an outline and then stop at what will be the basis for a painting.
Making a point to « remove » things rather than to « pile them up », with time as  sole material, painting is a necessary pause for perception, construction and memory of  all that  makes things remain, amazement and exhaustion, a material and colorful, sensual and spiritual walk that I wish to be as light as possible. The paintings make the postcards of my life.
A.C. July, 2015. (Translation Agnès Durand).





Extraits de l'entretien de Gérard Traquandi et Jean Jacques Ceccarelli (catalogue d’exposition Ateliers d’Artistes de la Ville de Marseille 1995/1996)

G.T: (…) ses productions ne sont pas des images récupérées, ce ne sont pas des représentations qu’il s’approprie comme le font beaucoup de jeunes artistes.
Tout passe par l’observation. C’est quelqu’un qui doit scruter son motif et au bout du compte, on n’a pas affaire à un rendu de détails, pas d’informations de type photographique, pas de naturalisme non plus. Comme si l’effort consistait à soustraire des éléments plutôt que de les accumuler. Une esthétique de la discrétion et lorsque c’est accroché au mur, ça pèse lourd, c’est dense, ça a une masse, son poids propre. Ce ne sont pas des images, ce sont des entités.
Son matériau semble être le TEMPS ; c’est ça la matière de ses tableaux, et ce n’est pas si fréquent de pouvoir dire cela.
(…) Dans ce débat un peu foireux, « pour ou contre la peinture », retour à l’ordre ou pas », tout à coup quelqu’un arrive, impose sa peinture de façon aussi simple et évidente. C’est cela qui me frappe, c’est là où est le mystère.



De Bernard Rueff (C931 cabane):

      La cabane                                          

toit de tuiles                                       

            brique

porte peinte

             azur

entourée de feuillus

entourée de taillis

                     entre Saint-Clar et Saint-Léonard Janv. 98





"CLÉS  POUR  UNE  BOÎTE  À  SOUVENIRS" par MONICA ARPIN.

Introduction:                      
En avril 2016, je suis tombée sur un tableau d’une primevère. Pas de cadre, juste un petit bout de toile, 9 par 14 cm, une petite fleur jaune pâle taquinant une touffe d’herbe verte. Le printemps. Le renouveau?
Le peintre proposait qu’on l’épingle quelque part, telle quelle, sur un mur, un meuble, un tableau-liste de commissions, de souvenirs?
Avril est  la saison des primevères – il y en avait partout. A ce moment précis, j’ai vu une myriade de papillons-toiles jouant à cache-cache dans les prés, chatouillant ma mémoire. Des couleurs, des odeurs, des sensations, des sons, des goûts, des images sont apparus, tels les serpents de notre ADN. Certains réapparaissent, souvenirs récurrents, rituels, bonheurs.       
Ainsi est né ce projet.
J’ai contacté le peintre Aubin Chevallay pour lui demander s’il serait d’accord de mettre en images ces fleurs-papillons quand elles surgissent dans les champs de souvenirs de ma boîte à mémoire. Il a dit oui.
Ses ‘titablos accrochés à une corde, je peux facilement les disposer d’un point à un autre, à l’horizontale, à la verticale ou simplement les tourner comme des feuilles d’un livre, selon mon envie. Entre deux envies je pourrais les ranger dans une boîte de même forme, repliés comme le soufflet d’un accordéon, l’un sur l’autre, mêmes souvenirs, écrits cette fois, avec des mots sur du papier, même forme, même taille.
La première fleur-souvenir de cette boîte à mémoire est une primevère. Evidemment.
Le projet avance à son gré, librement. Pas d’échéance, pas d’obligation - surtout ne rien forcer.
Les chatons ont talonné la primevère suivis de violettes, de fraises des bois et ça continue. Un pèlerinage qui réveille, sur le chemin, des souvenirs plus récents et crée de nouveaux rituels. Tout est connecté.
Ce projet, sera-t-il un jour fini?  Aucune idée. D’ailleurs, est-ce important? Il serait plus adéquat de me poser la question de savoir si ma boîte à souvenir, mémoire, imagination, création s’épuisera avant extinction totale …
Je me contente, moi, de laisser mon champ libre,  grand ouvert pour accueillir le passage des papillons-souvenirs. Dès que j’en aperçois un, je frémis de bonheur, je me délecte, je m’amuse, je me rappelle, je reviens en arrière, en avant, je le caresse, le taquine, je rajeunis et … et quand cela me suffit je le transfère à Aubin et me mets au travail, poser des mots sur un papier pour les retenir ainsi.
Ma corde de ‘titablos est encore courte mais j’ai un plaisir intense à pouvoir contempler  ces  fleurs-papillons. Je me sens au centre d’un bouquet de merveilles que je peux partager avec mes enfants et leurs enfants, encore petits. Le bonheur du passé, les rituels de la vie toujours actifs dans le présent, avançant vers un futur. Quel chemin et quelle forme prendront-ils? Portes ouvertes aux aléas de la vie, liberté totale au gré des sensations. Des fragments se détacheront, des nouveaux souvenirs se créeront, des élans parfois mort-nés. Aucune restriction, aucun poids sinon la légèreté de la vie éphémère, de la vie d’un papillon et l’enchantement porté par le souvenir, ouvert sur un monde sans entrave.
Ce souvenir-primevère a été créé par Madeleine, la mère de  mon mari. Elles sont inséparables.
Comme elle, d’autres membres de nos familles ont pris d’autres moyens et d’autres outils pour marquer des traces dans nos vies - des mémoires vivantes qui prendront forme dans d’autres projets.
Ce premier échappé de cette boîte de souvenirs de papillons-fleurs appartient à Madeleine.
Merci Madeleine. Merci pour tous ces moments merveilleux que tu as su créer et partager.
Y en a-t-il des mauvais? Evidemment, beaucoup même – c’est la vie. Mais dans notre famille nous ne les maintenons pas sous cette forme – ils ont été/sont recyclés, au bénéfice de tous. Tout est pardonné, rien n’est oublié, tout sert à quelque chose, tout peut nous aider à avancer sur notre chemin.
Se souvenir, ce tremblement au cœur, une bouffée de chaleur, de la tendresse, un bonheur qui revient encore et encore. Le passage du temps est inévitable mais l’année recommence,  se répète, des rituels - l’effort de l’amour donné, reçu, partagé.
Du fond du cœur je souhaite que ce projet poursuivra son existence à travers champs et rus d’innombrables vies, accaparé, repris et transformé par ceux qui auront autant sentis le réveil et la plénitude qui m’ont traversée en contemplant cette  première fleur-papillon d’Aubin.

‘titablos : selon la phonétique des Cajuns de la Louisiane, « petits tableaux ».




Remerciements/collaborations:



Reagan Hill,  Israa Karkara, Yousef Elgalabi, Alessandra LiuAmelia Jumper, Liel Peswani, Ilaria (ilaria_fiore_fashionista), Gabrielle, Liv Jade xo,  Natalie Grace,  Mia Kim,  Sigal Levin,  Natalija (twinkle_toes_nata), Emaleah Christou, Estrella Duarte Clemente, Claudia Blanco, Dana et Sophia Macedo Sosomodelkid, Paula Fabiola, Veronica Vilaseca, Noor Blancquaert, Tamara Van Boven, Lera, Violeta Gallardo, Alana, Avril Gabriela Rey Moreno, Lénα, Jade, Chloé Lainé, Hélène Karbanov, flexibritt, Anfisasiberia, Vladyslava Naraieva,  Abbie Donovan,  Madison Lilly,  Emily Prior, Maika Forget, Grace Rutherford, Madison, Kira Artamonova, Tannah Andrews, Hazel Vaughn, Madison Miller, Gina Alexpopoulos, Vladyslava Naraieva, flexible_roxy,  Evdokia, Everly Nedza, Altea Gaçi, Tipi,  Katarzyna Smółka,  Lucy St Cressman,  Julianne May,   Allegra, Amy Amor,  Karolina Eremeeva, Marysia, Kinzley Roberts, Monica Cecilia, Eden Oakley, Elizabeth Abigail, Jen Bricker, Kristina, Aurora A, Grace S Hunter, Kristina Soboleva, Nour Nfousi, Doa Nfousi, Oumaina Nfousi,  Souka, Cristian Lancon, Elsa, Julia, Kristina Soboleva,  Mackie Noel,  Olivia Hansen,  Maddie Blankenship, Eli Pewpew, Eléa, Monika, Agatta, Pinja, Lizzy, floradickens65, Miriam Contortion, Hema Peswani, Hridya, Yogiraj kacha, Maryum, Tithi Parmar, Sofe Ben, Ńeha Pomburphekar, Norah, Hope Worth, Susan Bottici, Lucie Šujanová, Maria Luisa Ruiz, Polly Krivchun, Jana Krajcova, Laura O'Neill, Alzbeta Solcová , Tamar Aptsiauri, Desire Justiz Lavastida, Valentine Léon,  Manonvoltige, Jéssica Alessandra Bastos, Céline Pitelet,  Daniela Alejandra Rodriguez Rittoles, Dario Ortega Ordaz,  Farnaz Esmaeilzadeh, Alma Toledo, Varvara Scivaleva, Olena Dyachenko, Anna Stoyanova, Anna Kull, Полина Панова, Marc Giloux, Paola Galuppo, Julie Navarro, Leidy Johana Zapata, Talitha Theron, Rebeca Romero, Chulita Lenia Lianet, Valeriia Yas, Laura Martinez, Anaëlle Manche, Bianca Tajuelo, Lara Acosta,  Nathalie Desuzinge, Ingrid Bratsberg,  Dorra Ben Maati , Nada Chaouachi,  Julia Schirru, Elena Schirru, Coralina Marroquin Soto, Marina Fluhr, L, Naïs Racasan, Sára Bartlová, Adéla Kubínová, J,  Kačenka Nimphetamine Missteeq, Vanesa Kulhánková, Emmy Bouvet,  Réjane Dechambre, Emelyne Groux, Millie et Charlotte Turley, Madlen Sergeeva, Julia  Lipnitskaya, Igor Filimonov,   Mikhail Sharov,  Villõ Marton,   Elizabet Yovcheva, Regula Runge,  Christy Mourot, Oleksandra Gridasova, Rana Tokmak, Alexandra Borysova, Alessia Benedetto, Laurence Pizzocchia, Marine Lambermont, Mélanie Prudhomme de Saint-Maur, Yeliz Baygin,  Paola García Cuetos, Mariana Monteiro, Elodie Bounouard, Michela Elena Carlotto,  Stefania Verganti,  Bernard Rueff, Francesca Trottola Minart, Sara Montoya B, Luisa Fernanda R.S, Goda-Rufina Butkute, Natasha Ponarina,  Elodie Deconche, Valeriya Shkvarchuk, Полина Панова, Johanna Nordblad, Elina Manninen, Paulina Moncada Restrepo, Leidy Restrepo, Sofia Koles, Latiesha Maree, Laurene Zammit, Gessica Cipriano, Claudio Cavallin, Charline Chauviere, Anastasiia Ilina,  Paul Martin, Marion Laure, Fernanda Mexicano Juarez, Amani Fancy, Anfal Sfaxes, Merlianny Marcano, Fabien Jacquier, Samantha Alpagi, Catalina Reboredo,  María Gabriela Molina,  Zelie Jean Michel, Marianny Hidalgo, María José Faría, Dylan et Michelle Kingdom, Alexandre Fourrier, John Niveleau, Darsha Seeburuth,  Katiane Reeves, Jewel et Jadeliz Zambrano, Marisol García, Alessia Pellegrini, Martine Kistnen, Pamela de la Fuente, Luiza Bonani, Beattriz Sousa, Camila Rossi, Katya V-ova, Michel Alliot, Amélie Guigout, Carolline Reis, Biia Miranda, Eunice Vaz, Zelie Frprt,  Elsa Racasan, Delaram Farahnak, Thaïs Ruscito, Charline Herold, Mathilde Foutrel, Lucie Frappart, Laetitia Hugon, Amélie Pauc, Chloé Lozingo, Saly Cointy, Nora Zoghlami, Laure Perret, Camille Orosz, Emilie Devresse, Siméon et Mathilde Chevallay, Poups Nuage, Agnès Durand, Marine Lambermont, Juliette Vergori, Sam, Marie AToutPrix, Cindy Pourchet, Sophie Pillot, Isabelle et Mael Leroy, Mahtab Mirzazade Nafe, Alix Huet, Micky K Farivar, Dreeh Jottastica, Ludjmie Larry, Myriam Lescat, Niki-Su Gratton, Jessica Ward, Hritoparna Hazrah, Amanda Loft, Jade Madden, Serah Oh, Shelby Chesnes, Livia Flies, Isabelle Raymond,  Aliesha Nicole Culph, Mélanie Ferraris, Elodie Bignardi, Dinette Do, Julie Neurenhausen, Quentin Bazire, Sarah, Shania, Martine Mc Kay, Elvira Cerezo, Lola et Lou Marrades, Sylvette Ardoino, Sabrina Violton, Skan Dall, Daniel Loch, Tania Tolstoï, Flow Tinkiete, Rin Megumi, Louise Harniisch, Jaime et Christine Marrades, Sandrine, Anita, Lala Pineau, Nelly Adon Velge, Taslima Gaillardon, Rosemary Pereira De Oliveira, Charlotte Hrvt, Sandrine Jse, Nadège At, Claudine le Doret, Myriam El Abbassi, Robyn Hunter, Marine Delerive, Emily Martin, Julia Simeliere, Madelyn Lambert, Jamila Pop, Clémence Bouaud, Sarah Lünz, Zaza Be, Marie Elle, Cam Plt, Emilie Perez, Lisa Carlo, Liloulita, Sonia Soso, Nadia Orciere, Emelyne Bounouar, Prêle Mainfroy,  Soso Chacha, Elodie Lièvre, Lux Obscura, Estelle, Fucking Doll, Natalia Kovachevski, Eyael, Elena-HD, Elodie Féminier, Préscillia Delgado, Malou, Alizée, dmjmodèle, Marie Thiers, Saly Modèle, Tabata, Mirana Yoli,  Fatty, Anaïs, Nath Shoot, Maxyne Jezzabell, Diana-G, Esther, Camille, Melody Piau, Neya, Andriana, Anne Levallois, Erika, Mélyssa, Sarah Noé, Lünaa, Talia Modèle, Anna, Kerinha, Marina Fever, Ambre, Célia B, Marie Auréllia, Adéraiser, Lizon, Aurélie, Yuki Rima Tooya, Sibylline, Sharlène Jaillet, Jenny Photographie, Viicomte, Nataly Pulp Model, Mme Hell, Jean Luc Photos, Tom Ray, Didier Vasse, Antoine Gary, Pascal Kyriazis, Phénix Ventum, Camera Obscura, Anna Julia Work, Aabigail Cyanure, Stephane Goulet, Nicolas Beaucousin, Luc Sauvonnet, Soixante sept Poses, Alain Spach, Didier Godart.


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